Selon le fil conducteur de ce site, nous allons nous intéresser à l’une des plus anciennes sources relatives à l’origine du monde. Ce sont les Védas, un ensemble de textes révélés par audition à sept Sages appelés les sept Rishis. Ils datent de plusieurs siècles, soit de 1900 avant J.C., date à laquelle la rivière Sarasvati, souvent évoquée dans les textes, aurait été asséchée. Les sept Rishis sont parfois représentés dans une barque, image de leur voyage spirituel.

Le mot sanskrit Veda signifie vision ou connaissance. Mais de quelle connaissance s’agit-il ? Parmi les Védas, le Rig-Véda est une collection d’hymnes rédigés dans un sanskrit très archaïque, qui contiennent des éléments de l’histoire de l’univers.
On y trouve l’image d’un monde émergeant des eaux primordiales, l’idée d’un embryon d’or planant au-dessus des eaux et engendrant le cosmos, l’existence des dieux créateurs, Indra, Agni et Varuna, une vision cyclique de l’univers, avec des cycles de création, de préservation et de destruction, une réflexion philosophique exprimant une profonde incertitude quant à l’origine du monde, et enfin le Nāsadīya Sūkta, appelé Hymne de la Création (10. 129) , qui reflète les interrogations de l’homme face au néant et à l’existence. En voici la traduction de l’orientaliste Max Müller :
Il n’y avait alors ni non-existence ni existence ;
ni le royaume de l’espace, ni le ciel qui est au-delà ;
qu’est-ce qui bougeait ? Où ? Sous la protection de qui ?
Il n’y avait alors ni mort ni immortalité ;
aucun signe distinctif de la nuit ou du jour ;
ce Un respirait, sans souffle, de sa propre impulsion ;
à part cela, il n’y avait rien au-delà.
Il y avait d’abord des ténèbres, cachées par les ténèbres ;
sans signes distinctifs, tout cela était eau ;
ce qui, devenant, fut recouvert par le vide ;
cet Un, par la force de la chaleur, naquit ;
qui le sait vraiment ? Qui le proclamera ici ?
D’où est-il né ? D’où vient cette création ?
Les dieux sont venus ensuite, avec la création de cet univers.
Qui sait donc d’où il est né ?
S’il l’a créé ou non ;
peut-être s’est-il formé tout seul, ou peut-être ne s’est-il pas formé ;
celui qui est le surveillant au plus haut des cieux, le sait – ou peut-être même l’ignore-t-il ?
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