Les mythes de la création

Si nous voulons percevoir l’origine de l’univers et son évolution, nous devons étudier les mythes qui, souvent dans un langage symbolique, ont tenté de nous les raconter.

Une image de la Création est celle de l’Œuf primordial : en Inde, l’Œuf Cosmique couvé par l’oie Hamsa s’ouvre en deux moitiés qui prennent la forme du Ciel et de la Terre. En Grèce, l’œuf de Léda, séduite par Zeus changé en cygne, donne naissance aux deux Dioscures – Castor et Pollux chez les Romains. En Chine, un dieu nommé Pangu, né dans un œuf, le brise en deux moitiés destinées à devenir Ciel et Terre, comme en Inde. En Egypte, on trouve le même mythe à propos de Rê (dieu solaire) et plus tard de Thot (dieu de la Sagesse à tête d’Ibis). L’Œuf Cosmique apparaît aussi chez les Dogons et les Bambaras du Mali. Dans la mythologie finnoise, le monde est constitué à partir des fragments d’un œuf déposé par un canard sur les genoux de la déesse de l’Air. Voici une représentations de l’OEuf cosmique, simplifiée dans l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue :

Divers peuples aborigènes d’Australie font remonter leurs origines à une grande inondation qui aurait submergé la civilisation antérieure, ce qui semble correspondre à des événements réels survenus après la dernière période glaciaire. L’archipel australien des îles Tiwi fut séparé du continent pendant le « Temps du Rêve », une période où tout n’était que spirituel et immatériel et qui précéda la Création, effectuée par un serpent gigantesque. Ce Temps du Rêve existe toujours et permet de communiquer avec les esprits et de déchiffrer le sens des mauvais présages.

L’image du Serpent Primordial apparaît dans de nombreuses mythologies. Dans l’hindouisme, le dieu Vishnou repose sur le Serpent cosmique Ananta, « sans fin », flottant sur l’océan des origines. Il est le porteur du monde et assure sa stabilité, soit en le supportant, soit en s’enroulant autour de lui pour empêcher sa désintégration. Ainsi, Ouroboros, le Serpent qui se mord la queue, est un symbole très ancien qu’on rencontre sur tous les continents ; entourant tout le monde existant, il représente un cycle d’évolution, le Temps et l’Eternité.

Dans la mythologie nordique, un serpent ronge en permanence les racines du frêne Yggdrasil, l’Arbre-Monde, et au Mexique, Quetzalcoatl, le Serpent à plumes, transporte la déesse de la Terre « depuis les cieux jusqu’en bas », puis il récupère les os humains des créations précédentes pour en faire de nouveaux hommes qui habiteront sur la Terre.

Les mythologies indo-européennes présentent souvent un premier couple humain, comme celui d’Adam et Eve : Yama et sa sœur Yami dans les Védas, Masya et Masyanag, nés d’une tige de rhubarbe en Perse, Ask et Embla, bâtis à partir du bois d’un frêne en Islande.

Si chaque mythe est une page d’histoire, comme le suggère Mircéa Eliade, il faudrait recomposer l’histoire de l’homme en assemblant tous ces fragments dans un ordre qui ne contredit pas les données de la science. Ici, le Lecteur Déconfit hausse tristement les épaules, manifestement dépassé par la tâche. Le Scribe Circonspect lui propose de se référer à la tradition occulte qui, au-delà des mythes, a le mérite de présenter un récit cohérent.

Commentaires

Laisser un commentaire