Depuis l’été 1995, Alice tenait un journal de ses rêves éveillés, obtenus sous autohypnose. Josepha s’inquiétait de cette méthode susceptible de faire revivre des personnages du passé : « N’est-ce pas dangereux ? » écrivait-elle à son amie. Alice lui répondit :
Pourquoi l’autohypnose serait-elle dangereuse ? C’est un état de conscience qui ne dépend que de toi, que tu diriges à ta guise et que tu arrêtes quand tu veux. J’ai commencé cela il y a 25 ans, quand je me posais tant de questions à propos de Shams et que j’ai voulu savoir d’où me venait cette attraction. Il faut dire que je venais de lire un livre très éclairant de Michael Talbot, L’Univers est un hologramme, que tu peux trouver en PDF sur Internet (mais lire un livre sur smartphone n’est pas très confortable !). Ce livre parlait entre autres de l’hypnose comme moyen de revivre des scènes passées ou de prévoir des scènes futures. J’ai essayé et peu à peu j’y suis arrivée. Il faut se plonger dans un état intermédiaire entre la veille et le sommeil, et bien souvent c’est le sommeil qui l’emporte !
Si tu veux essayer, profite d’une heure calme où tu ne risques pas d’être dérangée. Couche-toi et couvre-toi, car ta température va baisser légèrement, comme quand tu dors. Pense à la personne que tu voudrais retrouver, ou à toi-même dans une autre vie, ou encore pose une question, par exemple : « Dans quelle vie ai-je été la plus heureuse ? Dans quelle vie ai-je connu Untel ? Dans quelle vie ai-je le plus appris ? » etc. Une musique douce, répétitive, peut aider (on en trouve beaucoup sur Internet). Respire plusieurs fois profondément, en ne pensant qu’à ta respiration, et visualise un escalier qui descend, descend, toujours plus profondément. Je sens sous mes paupières mes yeux qui se dirigent vers le bas. En fait, tout repose sur la visualisation : il faut laisser émerger les images, sans forcer, comme si elles sortaient naturellement d’une eau profonde. Parfois les images s’enchaînent et constituent une petite histoire, mais parfois une seule image occupe le devant de la scène.

Essaye de sortir le plus lentement possible de cet état quand tu en as assez ou quand tu estimes avoir reçu une réponse suffisante à ta question. Vient alors le moment de l’interprétation, comme pour les rêves nocturnes. D’après les psychanalystes, le mieux est d’associer librement des mots, des phrases (souvent de la poésie ou une chanson) aux images-clés que tu viens de visualiser. Je m’aide souvent du Dictionnaire des symboles. Parfois, la signification des images saute aux yeux, parfois elle reste obscure ; elle apparaîtra plus tard. Je te conseille d’écrire ce que tu as vu, car comme les rêves, les visions hypnotiques s’effacent vite de notre mémoire.
Mais Josepha se garda bien d’appliquer la méthode ! Sans doute fallait-il vivre certains événements déclenchant la recherche du passé, événements éblouissants ou douloureux, comme Alice l’avait expérimenté.
Laisser un commentaire