Stance VI, Sloka 23 :
« Les Auto-générés furent les Chhâyâs, les Ombres tirées des Corps des Fils du Crépuscule. Ni l’eau, ni le feu ne pouvaient les détruire. Leurs fils le furent. »
Les Auto-générés sont les humains de la Première Race ; ce sont des Chhâyâs, des ombres sans consistance.
Les humains de la Première Race ne pouvaient être blessés ou détruits par la mort : ni les déluges ni les incendies n’affectaient leur constitution éthérée. Par contre leurs fils, ceux de la Deuxième Race, pouvaient être détruits par des cataclysmes. C’est ce qui arriva aux monstres semi-humains produits par la Nature livrée à elle-même.
La descente des Monades (Esprits) dans la matière implique donc la destruction et le renouvellement des enveloppes charnelles, que nous appelons la mort. Comment la Nature va-t-elle réagir à cet événement ? Par la sexualité : celle-ci implique un grand brassage des gènes, ce qui aide l’organisme vivant à résister aux parasites, aux prédateurs et aux virus, tandis que des rejetons uniformes comme les Auto-générés (les deux premières Races) deviennent des proies fragiles face aux agressions.
Avant de clore ce chapitre, Alice essaie de ressentir les émotions des humains de la 3e Race-Racine qui, d’hermaphrodites, devinrent des êtres sexués, nos authentiques Adam et Eve. Comment le désir les poussa-t-il à s’accoupler ? Et quelle fut leur détresse quand ils se découvrirent mortels ? La Bible rend compte de cet épisode lorsque le Seigneur Dieu chasse Adam et Eve du paradis terrestre : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens. Car tu es poussière et tu retourneras en poussière… » Et pour ceux qui n’auraient pas compris, le Seigneur ajoute : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » (Genèse, 3). Remarquons l’emploi de la première personne du pluriel, qui signe l’intervention des Elohim, mais surtout l’annonce de la rupture de la vie éternelle.
Pourtant, « devenus comme l’un des Elohim », ils n’ont nullement renoncé à la connaissance, ni à la recherche de l’immortalité…

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