L’apparition de la vie dans les Stances de Dzyan

La 3e Stance évoque l’apparition de la vie dans la matière.

Sloka 1

« La dernière Vibration de la Septième Eternité tressaille à travers l’Infini. La Mère se gonfle, elle croît de dedans en dehors, comme le Bouton du Lotus. »

« La Septième Eternité » nous rappelle la Stance I : la dernière des sept périodes d’un Pralaya. Sommes-nous déjà dans le Temps terrestre que l’on peut découper en périodes ? Ou sommes-nous toujours dans la Durée sans bornes ? Quoiqu’il en soit, nous observons « la dernière Vibration » de cette Eternité, une Vibration qui tressaille à travers l’Infini. Tous ces termes contradictoires nous font penser que, tout en voguant sur la Durée Infinie, nous entrons dans le Temps fini, avec des changements perceptibles tels qu’une vibration ou une expansion de la Mère, « de dedans en dehors ».

La métaphore du Lotus nous ramène à la Stance II, sloka 3 : la Mâtripadma se gonfle à présent selon un « modèle », un prototype présent depuis toujours dans la Lumière astrale. Si elle croît « de dedans en dehors », c’est que le prototype idéal traverse, sur une échelle descendante, tous les plans qui aboutissent finalement à la matérialisation.

Sloka 2

« La Vibration se propage soudain, touchant de son Aile rapide tout l’Univers et le Germe qui réside dans les Ténèbres, les Ténèbres qui soufflent sur les Eaux sommeillantes de la Vie. »

Les Ténèbres qui se meuvent sur les eaux ne sont pas sans rappeler le début de la Genèse : « Il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » Ces eaux sommeillantes sont la Matière primordiale contenant l’Esprit latent. Dans toutes les cosmogonies, nous dit Helena Blavatsky, l’Eau joue le même rôle, base et source de l’existence matérielle.

Mais d’où vient la Vibration qui se propage soudain ? Une vibration est un mouvement rapide des particules, une sorte de tremblement, une succession d’oscillations dans un fluide. Celle des slokas 1 et 2 provient de la Pensée divine en mouvement. Elle n’était prévue par aucun Dieu, nous dit Blavatsky, mais elle surgit comme résultat d’une Loi éternelle et immuable, qui règle les grandes périodes d’Activité et de Repos appelées les Jours et les Nuits de Brahma.

Sloka 3

« Les Ténèbres rayonnent la Lumière, et la Lumière laisse tomber un Rayon solitaire dans les Eaux, dans l’Abîme-Mère. Le Rayon traverse rapidement l’Œuf-Vierge ; il fait frissonner l’Œuf éternel, qui laisse tomber le Germe non éternel qui se condense en l’Œuf du Monde. »

Ce Rayon solitaire tombant dans l’Abîme-Mère peut être compris comme la Pensée divine imprégnant le Chaos. Il traverse l’Œuf Vierge, c’est-à-dire le pouvoir de se développer par la fécondation, et ce pouvoir est éternel.

Mais voici qu’une fois de plus nous passons de l’éternité à la périodicité, quand tombe « le Germe non éternel », le Germe périodique. « L’Œuf du Monde » qui en résulte contient la promesse et la puissance de tout l’Univers, mais c’est un Univers périodique, qui aura un début, un déploiement et une fin.

« L’Œuf du Monde » est peut-être un des symboles le plus universellement adopté, ajoute Blavatsky, et il est souvent associé au symbole du serpent qui se mord la queue, emblème de la régénération aussi bien que de la sagesse – symboles que nous avons déjà rencontrés dans les tout premiers articles, les mythes de la création.

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