Les biologistes disent qu’un être vivant est d’abord « un corps qui forme lui-même sa propre substance » à partir de celle qu’il puise dans le milieu. Ce processus d’assimilation suscite le fonctionnement d’autres processus : la régénération et le renouvellement des tissus de l’organisme, la reproduction et l’évolution au cours du temps, ce qui implique des phénomènes comme le métabolisme ou la réactivité aux stimuli.

Dès lors, on a l’impression que la vie est l’apanage du végétal, de l’animal et de l’humain. Qu’en est-il du minéral ? Il semblerait que la vie n’agit pas dans l’atome purement physique, dans le métal, la pierre ou le gaz. Sri Aurobindo se réfère alors aux découvertes « d’un grand physicien indien » en qui le Scribe Avisé croit reconnaître Jagadish Chandra Bose (1858-1937), physicien et botaniste, pionnier de la radio : en 1902, il suggère que les réponses physiologiques observées dans le vivant sont parallèles à certaines réponses électrochimiques observées dans le non-vivant. Ce scientifique affirme trouver la même preuve de vitalité – réponse à un stimulus – dans les métaux que dans les plantes. Cette vitalité rudimentaire des métaux n’est évidemment pas organisée de la même façon que dans les végétaux, mais elle démontre qu’il n’y a pas de ligne de démarcation rigide entre la terre et le métal qui s’y est formé, ni entre le métal et la plante. Jagadish Chandra Bose a étudié le mouvement des tournesols vers le soleil ainsi que ceux de deux plantes sensitives, Mimosa pudica, qui replie rapidement ses feuilles en cas de contact physique, et le sainfoin oscillant « qui fait danser ses feuilles comme des serpents », sensible à la lumière solaire mais aussi à certaines ondes sonores.
Une vie subconsciente existe probablement dans le métal, même si on n’y décèle aucune agitation en surface. Dans le minéral comme dans le végétal, la Force consciente se manifestant dans l’Univers n’a pas encore émergé complètement du sommeil de la Matière, conclut Sri Aurobindo.
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