Qu’est-ce que la forme d’une épaule
et le grain de beauté inoubliable sous le cou
la barbe les sourcils le pubis les cheveux
– autant de forêts mystérieuses –
qu’est-ce que la courbure des reins
les muscles et les nerfs si prompts à la détente
– partout de bons petits soldats –
qu’est-ce que le cœur comme une montre en son gousset de chair
les mains comme des livres
les pieds comme des ailes ?
Exprès
je ne parlerai pas des yeux qui parlent d’autre chose
– à chacun son métier –
mais j’interrogerai la beauté de ce corps
afin qu’il livre son secret
Qu’est-ce que la blancheur d’une cuisse
si fugitive après l’étreinte
le fuseau des chevilles
la rondeur du talon comme un œuf dans la paume
le poignet transparent strié d’un delta bleu
les jambes et les bras comme de jeunes arbres ?
Qu’est-ce que la peau finalement
et qu’est-ce que la chaleur qu’on sent sous les caresses ?
qu’est-ce que le corps quand il faiblit
et que tout se désarticule
quand chaque atome détaché retourne vers son origine ?
est-ce le simple jeu d’un kaléidoscope
est-ce l’habit d’emprunt de quelque visiteur
– mais alors de quel dieu ?

Laisser un commentaire