L’image d’Alice hors-les-murs est la version contemporaine de la gravure de Camille Flammarion, astronome du XIXe siècle et graveur pendant ses loisirs. Nous y voyons un pèlerin ou un chercheur qui a traversé la voûte céleste et découvre au-delà une sorte de machinerie géante, sans doute les rouages qui règlent notre existence terrestre. Ce pèlerin est certainement un occultiste qui veut voir au-delà des choses matérielles, qui veut comprendre l’Univers en soulevant le voile des perceptions directes. De même, Alice est une chercheuse « hors-les-murs », c’est-à-dire hors des idées reçues et des croyances transmises par notre éducation.

Ne sommes-nous pas tous des pèlerins cherchant leur chemin parmi les jouissances et les souffrances de la vie ? Ce chemin sur lequel nous avançons, poussés par les événements, n’est-il pas simplement le chemin de l’évolution ? En effet, nous grandissons psychologi-quement ou spirituellement au fil des expériences, des rencontres, des lectures et des réflexions suscitées par la vie sur terre. Et cette évolution a un objectif : une expansion de conscience.
Si nous observons les règnes qui précèdent le règne humain, force est de constater que chacun d’eux cherche quelque chose qui le dépasse : le règne minéral cherche la lumière, aidé par les éruptions volcaniques, par l’affinement des pierres précieuses et par les carrières que creusent les hommes ; le règne végétal cherche la croissance et l’expansion, selon le modèle des arbres vivant dans nos forêts ; le règne animal cherche la conscience de groupe – dans les troupeaux sauvages, dans les nuées d’oiseaux migrateurs et dans les communautés d’insectes – et ensuite la conscience individuelle – bien observable chez les animaux qui vivent avec l’homme. Au bout de la chaîne, le règne humain cherche l’amour, le savoir et le pouvoir censés lui apporter un supplément d’âme, une expansion de conscience qui devrait le faire accéder au 5e règne, le règne spirituel.
Pèlerin né au XXe siècle, ayant eu la vision de plusieurs existences passées, Alice comprenait que la vie humaine n’était pas circonscrite entre la naissance et la mort. Aller vers une expansion de conscience, c’était forcément élargir sa vision du temps et de l’espace. Et on ne pouvait le faire qu’en s’appuyant sur les témoignages d’un passé très lointain, sans exclure pour autant les données de la science et de la raison. Le passé très lointain, d’avant la Préhistoire, nous est parvenu via les mythes qui racontent la « création » de l’Univers et l’apparition des humains, mais aussi par des textes tels que la Genèse dans la Bible ou le Livre de Kiu-Te en Chine. La Raison domine les ouvrages de philosophie, dont le but essentiel est de répondre aux grandes questions : qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? où allons-nous ? Einstein et les chercheurs en physique quantique ont élargi les notions communes de temps et d’espace. La science ouvre de nouvelles portes sur la vie (la biologie, la génétique, la biochimie, la psychologie, l’anthropologie…), sur l’espace (l’astrophysique, la cosmologie…), sur le temps (l’archéologie, la paléontologie, l’ethnolinguistique…). Enfin, l’expérience personnelle s’infiltre dans les brèches du réel, à la recherche d’une histoire commune inscrite dans l’inconscient collectif ; et cette expérience personnelle se traduit souvent par la poésie, car toute expression artistique – comme les mythes d’ailleurs – plonge ses racines dans l’inconscient.
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